Le Slam de Poésie est régi par des règles strictes rappelées entre
autre par la fédération française de Slam. Pilote le Hot, fondateur de Slam Production développe : « Le Slam de poésie est un sport de poésie. De la même manière que le Ping-Pong, les règles de
Slam sont les mêmes en France, en Allemagne, en Belgique ou au Japon ! Le mot Slam signifie tournoi, c’est une compétition de poésie, il n’y a pas de musique, pas de costume, cela dure 3 minutes
par poème et c’est le public qui choisit le vainqueur. »Cela n’empêche pas de nombreuses formes artistiques de se définir comme du Slam. Conséquences : rencontres de musiciens ou scènes ouvertes, une multitude de formes alternatives a vu le jour en France. Ce que résume Sébastien Gavignet, fondateur du collectif Slam Tribu « Le Slam est le miroir du lieu où il est pratiqué ». Dans la capitale, il s’agit plutôt de poésie urbaine ou spoken word. Véritable exutoire, on parle ici majoritairement des problèmes liés au quotidien des banlieues. Il est alors identifié comme un mouvement social contestataire permettant aux jeunes se sentant délaissés d’exprimer leur mal-être. En région, les thèmes abordés sont très souvent universels avec en premier lieu l’amour et les scènes sont plus ouvertes. Il existe un plus fort détachement en région ; de l’étudiant au retraité, le public provincial est plus large.
Mission citoyenne
Il n’en reste pas moins que le Slam est défini comme « une mission citoyenne », le retour selon Sébastien Gavignet, fondateur du collectif Slam Tribu « de quelque chose qui n’existait plus, un retour à la communication, en bref un moment de partage.»
Et c’est bien cette mixité du public qui donne au Slam toute sa dimension. Ce qu’explique Pilote le Hot : « Si lors d’un Slam il n’y a que des poètes classiques, des rappeurs ou des riches, c’est un échec. Le but c’est qu’il y ait des poètes de tous les genres et donc un public de tous les genre, un public hétérogène. Obstinément. Et c’est ça qui est magique, cela tient de la formule même de la poésie. Elle est pratiquée autant par des jeunes que des vieux, des poètes urbains que des poètes classiques, des gens issus du clergé ou de la bourgeoisie ; tout le monde pratique la poésie. Ce n’est pas quelque chose de démagogique » et de conclure : « Dans un bon Slam il y a aussi des mauvais poètes ; s’il n’y a que des bons poèmes ce n’est pas un bon slam, c’est un récital, un jeu truqué. »
Anne-Laure Favereaux
http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/Le-slam/1777940,CmC=1932664.html

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